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TOURBIERE DES DAUGES
Description du site

Situation : 30 km au nord-est de Limoges
Superficie : 199,5 ha
Département : Haute-Vienne
Commune : Saint-Léger-la-Montagne
Faune : 297 espèces de lépidoptères, 200 de coléoptères, 30 d'oiseaux nicheurs, 24 de libellules
Flore : mousses et lichens rares, flore des tourbières, 2 espèces de Drosera (plante carnivore), spiranthe d'été (orchidée), lycopode inondé (fougère primitive), ...
Accès : réglementé
Altitude : 550 m / 620 m
Création de la réserve naturelle : 15 septembre 1998

  Composition du site
Marais (végetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 32 %
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 30 %
Forêts caducifoliées 20 %
Forêts de résineux 14 %
Autres terres arables 2 %
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 1 %
Pelouses sèches, Steppes 1 %

Visites commentées sur rendez-vous par le Conservatoire des Espaces Naturels du Limousin - Tél : 05 55 39 80 20 

Attention ...

La présence d'espèces animales et végétales protégées sur le plan national et régional implique de ne rien prélever sur le site.

Le circuit complet fait à peu près 5 Km, parcourant des chemins par moment très humides. Compter 2 heures pour visiter ce site.

Le jardin de l'Evêché à Limoges possède également un site où une tourbière avec toutes ses richesses botaniques a été reconstituée.




  La Tourbe
D
ans la région limousine deux tourbières sont bien connues: " La tourbière des Monédières" située en Corrèze et "La tourbière des Dauges" située dans les monts d'Ambazac.

Une tourbière se développe généralement à partir d'une dépression, sur un terrain relativement plat, dont le substrat est suffisamment imperméable pour permettre la présence d'un plan d'eau. Des conditions climatiques caractérisées par une forte humidité, un taux de précipitations élevées et des températures moyennes assez élevées vont permettre à l'écosystème de se développer et de produire la matière organique nécessaire à la formation du dépôt de tourbe.

La tourbe est un produit fossile résultat de la décomposition de mousses (sphaignes) et d'herbes coupantes (carex) dans un milieu saturé en eau. Ce processus est extrêmement long puisqu'il ne faut pas moins de 1000 à 2500 ans pour que cette transformation s'opère.C'est pour cette raison qu'une tourbière ne s'épaissit que d'un à deux millimètres par an. L'environnement y est riche en plantes remarquables, comme le rossolis (Drosera rotundifolia), espèce carnivore aux tentacules brillants, ou la linaigrette aux ravissants épis semblables à du coton.

Les utilisations de la tourbe sont nombreuses. Remplaçant du bois de chauffage comme dans certains pays connaissant un grave problème de déforestation (Burundi) il entre en composition dans les terreaux et sert même à la construction de maison (sauf pour les soubassements par manque de rigidité.

Les tourbes ont une capacité d'échange de cations (potassium, calcium, magnésium, oligo-éléments…) appréciable car elles les fixent sur leurs acides organiques. Elles contiennent jusqu'à 50 % de carbone et sont plus ou moins biodégradables, les tourbes blondes l'étant relativement peu, d'où leur préférence pour la culture des plantes carnivores.
Les types de tourbes:

L
a tourbe blonde, à base de mousses du genre Sphagnum (sphaignes), légère, aérée, fibreuse, est un matériau jeune qui constitue les couches superficielles de la tourbière. Elle est appréciée pour sa capacité à retenir plus de 300% de son volume en eau.

La tourbe brune ou noire, plus compacte et humide totalement décomposée provient de l'accumulation de matières végétales (joncs, carex, roseaux, prêles, certains arbres...). Chronologiquement, elle se forme plutôt avant que la tourbière bombée, formée de Sphaigne, commence à produire la tourbe blonde. Des échantillons de tourbe noire datent de 15 000 ans..
Utilisée dans la conception de terreaux industriels, la tourbe est un matériau stable, sans germes de maladie qui est très utilisée par les professionnels. Néanmoins la tourbe est un matériau pauvre, voir dépourvu, en éléments nutritifs nécessitants des apports d'engrais réguliers.
Pourquoi protéger et conserver les tourbières ?

Paléonthologie :
G
râce à sa composition spécifique (eau peu oxigénée dont le PH est très bas) la tourbière conserve intacts les restes de végétaux ou d'animaux et même d'objets extrêmement anciens. Les grains de pollen ainsi conservés permettent de reconstituer le climat de période très lointaine.
Certaines tourbières ont restitué des cadavres en parfait état de conservation datant du début de l'aire chrétienne, de l'age du fer et même parfois du bronze, permettant de reconstituer notre passé.
C
i-contre l'une des plus anciennes momies (470-120 av. J.C). Elle a été retrouvée dans une tourbière en 1921 dans le comté de Galway (Irlande). La cape en peau de daim qui vêtissait cet homme, était maintenue au niveau du cou par un lien en osier qui pourrait avoir servit à l'étrangler (voir ci-dessous).
Sources : www.archeobase.com.
Botanique et zoologique

Les tourbières abritent de nombreuses espèces végétales rares ou en voie de disparition qu'il est nécessaire de préserver car elles présentent des particularités originales lié à ce biotope quelque peu particulié.
(Droséra, Andromède, Lycopode, Camarine noire).


Régulation hydrologique
Parce que la tourbière est un peu comme une grosse éponge, elle contribue largement à une régulation de la présence d'eau toute l'année. Celle-ci diffuse l'eau qu'elle contient en période sèche mais sert aussi de tampon lorsque qu'elle n'est pas saturée et que les conditions climatiques provoquent des crues.


La tourbière, lieu de légendes
D
epuis l'aube des temps les cours d'eau, étangs et rivières font parti du paysage "humide" dont l'atmosphère brumeuse imposait fascination et terreur à nos ancêtres. A travers un rituel encore mystérieux à ce jour, ils avaient pour habitude de sacrifier leurs biens les plus précieux en l'honneur de leurs dieux. . L'objet du sacrifice allait de l'objet courant (outils en silex, poteries, ...) à des êtres humains.