Le pays de Bandiat-Tardioine, du nom des cours d'eau
qui le traversent, est le coeur du pays des feuillardiers. Celui-ci
s'étend bien au-delà des limites de ce pays, absorbant
en autre le pays arédien et une bonne partie du département
de la Charente. Premier contrefort du massif central, son point
culminant se situe à Courbefy (542m). Il est traversé
par de nombreux cours d'eau : " la Tardoire, la Dronne,
Le Bandiat, La Colle, La Gorre, La Vayres", ce qui, avec
les grandes surfaces boisées de forêts de hêtre,
chêne et surtout châtaignier lui a valu le surnom
de pays de l'arbre et de l'eau.
Au XVIIIe siècle, le châtaignier représentait
40% des arbres du Limousin. Il fournissait le bois et, de par
la châtaigne, une farine utilisée dans la panification
d'où son autre nom "d'arbre à pain".
Le bois apportait la matière première nécessaire
dans des activités très diverses comme l'ameublement,
la vannerie, les clôtures, les bois de charpente ou bien
encore les cerclages de tonneaux. Ceux-ci étaient fabriqués
à partir d'une tige fendue de châtaignier...les
feuillards. C'est par dérivé nominatif que les
ouvriers qui exerçaient, et exercent encore les métiers
liés à l'utilisation du bois ont été
regroupés sous l'appellation généraliste
de feuillardiers. Autrefois ces ouvriers travaillaient dans
les forêts sur de longues périodes bâtissant
des cabanes recouvertes d'une épaisse couche de copeaux
dans lesquelles ils trouvaient refuge. L'une de celles-ci, encore
en activité, est visible à la "Maison du
Châtaignier" sur la route de Dournazac.
Cette manne économique issue du châtaignier, n'est
pas l'unique ressource de ce pays. La pratique de la polyculture
(céréales et pommes de terre principalement) y
était, et est encore, largement pratiquée. Du
XIV au XVIIIe siècle l' économie locale a également
connu de manière épisodique une grande activité
métallurgique surtout dans les vallées de la tardoire
et du bandiat
Dans ces régions du limousin et de l'Aquitaine, ancienne
frontière entre le royaume de France et le domaine de
Plantagenêt, nombre de châteaux et de maisons fortes
ont été construits généralement
sur les bases d'anciens camps retranchés et/ou d'oppidas.
L'ensemble de ces constructions sont visible en suivant l'itinéraire
de la route "Richard coeur de Lion", du nom du personnage
emblématique du moyen-âge qui fut mortellement
blessé au pied de l'un d'eux: le château de Châlus-chabrol.
Construit du XIe au XVlle siècle sur un promontoire qui
domine la vallée de la Tardoîre, ce château
visitable à ce jour, offre du haut de son donjon un admirable
point de vue sur l'ensemble des jardins du château où
sont cultivées des plantes exclusivement du XVe siècle,
et de la commune de Châlus et ses alentours. Dans les
bâtiments annexes sont présentés des documents
et divers objets liés à l'histoire du château
ainsi qu'une exposition sur les feuillardiers et les vanniers.
Dans la chapelle castrale du château reposent les entrailles
de Richard coeur de Lion.
Empruntant sur 6 km l'ancienne voie ferrée qui reliait
Bussière-Galant, Châlus et Oradour-sur-Vayres,
le vélo-rail de Bussière-Galant vous permettra
de découvrir d'une façon originale les richesses
du pays des feuillardiers. Sur son parcours vous trouverez un
ancien lieu de légende : la pierre qui pleure. Cette
légende est née il y a fort longtemps à
l'époque où les habitants de Bussière empruntaient
un vieux chemin traversant la Dronne pour se rendre à
Châlus. Sur ce parcours, fréquents étaient
ceux qui entendaient au pied d'un rocher les lamentations de
morts qui n'avaient pas trouvé le repos de l'âme.
Une procession fut organisée et une croix fut installée
sur le rocher. Depuis les lamentations ont cessé et les
gens purent réemprunter ce chemin sans être inquiétés.
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